« Toute ma vie, j’ai 25 ans ». La phrase pourrait sembler légère, presque naïve, sous la plume de Clémentine Weck et Bonneville, elle devient résistance et poésie. Après le succès de son premier EP “Les yeux fermés” la chanteuse signe, aux côtés des producteurs Wugo et Danilo, un morceau à la fois libre et mélancolique, où la maturité se conjugue avec l’insouciance : “25 ans (toute ma vie)

La grâce du désordre

« J’ai passé l’âge, comme ils disent, mais moi, ça ne me passe pas ».

Le ton est intime, parlé-chanté, presque chuchoté. Dans une langue souple et claire, Clémentine explore ce moment suspendu entre jeunesse et âge adulte. Sa voix, lumineuse, se promène sur des arrangements sobres : une guitare ronde, quelques nappes électroniques, et l’espace nécessaire pour laisser respirer chaque mot.

L’écriture frappe par sa sincérité. On y retrouve ce goût du désordre et de l’imprévu, cet appétit de vivre sans plan, sans mode d’emploi. Loin du cynisme, 25 ans (toute ma vie) revendique la légèreté comme une forme de courage : celui de continuer à rêver quand tout pousse à la résignation.

Bonneville enrobe le texte d’une profondeur qui rappelle Etienne Daho. Sa voix grave, légèrement voilée, agit comme un contrepoint au timbre lumineux de Clémentine. L’instrumentation, discrète mais précise, oscille entre folk et pop atmosphérique, rappelant les travaux d’artistes comme Clara Ysé ou Dominique A. Il y a quelque chose d’éminemment français dans cette alliance entre mot et mélodie : une élégance dans la simplicité.

Le temps, l’amour, et le refus d’être sage

25 ans (toute ma vie) n’est pas un manifeste nostalgique. C’est un cri doux, presque philosophique, contre l’idée même de “l’âge”. Clémentine Weck y célèbre la possibilité de rester en mouvement, d’aimer encore la nuit, l’imprévu, les promesses d’aube.

Sous ses allures d’hymne intime, la chanson parle en réalité d’un mal très contemporain : celui de devoir “grandir” dans un monde pressé, d’accepter des rôles assignés. Les deux artistes y opposent la poésie, l’élan, et la tendresse.

Conclusion

Sous ses airs d’hymne léger, la chanson cache une réflexion subtile sur le passage du temps, sur ce qu’il nous reste à protéger de nos vingt ans. Bonneville y apporte la profondeur du poète, Clémentine Weck la sincérité du cœur. Ensemble, ils signent un titre à la fois doux et indocile, qui nous rappelle qu’on ne grandit jamais tout à fait, et que c’est très bien ainsi.