Il aura fallu plus de dix ans pour que Klangkarussell donne une suite à “Netzwerk“, l’album qui avait propulsé le duo autrichien au rang de pionniers de la tropical house au début des années 2010. Dix années marquées par un succès mondial (Sonnentanz, les tournées internationales, plus de deux milliards de streams), puis par une métamorphose progressive, nourrie d’indépendance et de quête de substance.
Le 7 novembre, Adrian Held et Tobias Rieser tournent une page essentielle de leur histoire avec “Petrichor“, un disque lumineux et intime, sorti sur leur propre label Bias Beach Records.

Le parfum de l’après-pluie

“Nous voulions que cet album ressemble à un voyage dans notre univers : les moments de calme comme les moments intenses. Petrichor parle de renouveau, de la beauté que l’on découvre dans le changement, comme l’odeur de la pluie après un orage.”


Ce deuxième opus distille cette sensation si particulière, oscillant entre la nostalgie des premières éclaircies et l’excitation de reprendre son souffle.

À l’écoute, Petrichor se pose d’emblée comme un album éclectique. La fulgurance du club y croise la douceur de l’intime, les pulsations électroniques y dialoguent avec des récits de reconstruction. Klangkarussell n’a pas simplement peaufiné son ADN : il l’a densifié.

Un voyage en 13 tableaux, entre catharsis et euphorie

L’ouverture se fait sur “Truth Begins”, un titre hypnotique porté par Blazey, où arpeggios fiévreux et groove puissant racontent le vertige de s’avouer à soi-même ce qu’on fuyait. Le clip, avec la snowboardeuse olympique Anna Gasser, en accentue la charge physique et émotionnelle.

Dans un virage inattendu, “Ride” propulse l’album sur les pistes scintillantes des années 80 : synthés néon, énergie insouciante, une escapade disco-pop élégante qui montre à quel point le duo sait déjouer les attentes.

Les collaborations qui jalonnent le disque lui donnent, elles, une dimension presque chorale :

Chaque morceau semble être une facette différente d’un même paysage émotionnel : celui de l’envie de recoller les morceaux.

Une évolution audacieuse, ancrée dans l’héritage

Petrichor n’est pas une redite de Netzwerk. C’est un album plus mature, plus audacieux, plus narratif. Là où leur premier opus frappait d’abord par l’efficacité des mélodies et leur impact dancefloor, ici tout est pensé comme une traversée.
On y retrouve pourtant la signature Klangkarussell : ce mélange organique de synthés luxuriants, de groove profond et des mélodies qui s’impriment sous la peau.

Depuis la création de leur label Bias Beach Records, ce besoin de liberté artistique s’est affirmé. Le duo a sorti une série de singles acclamés (“Ghostkeeper”, “Shipwreck”, “Home”, “Afterglow”, “Let Me Come To Life”) cumulant plus de 400 millions de streams, tout en tissant une esthétique sonore reconnaissable entre mille : dense mais limpide, mélancolique mais lumineuse.

Un retour sur scène… dix ans plus tard

Après avoir accompagné Kygo sur sa tournée mondiale en 2024, Klangkarussell prépare désormais son grand retour live en 2026.
Un nouveau show, leur premier en plus d’une décennie, pensé comme l’extension scénique de Petrichor. Une renaissance, encore.

Alors, que reste-t-il après la pluie ?

Avec Petrichor, Klangkarussell signe un album ambitieux et impeccablement produit.
Un opus qui rappelle que, malgré les années et les évolutions de l’univers électronique, certains artistes continuent de jouer dans une autre catégorie.

Klangkarussell n’a jamais cessé de faire danser le monde.
Désormais, ils l’invitent aussi à respirer après l’orage.