Avec “Safety II“, James Tonic poursuit sa trilogie dream pop : plus affirmé, plus contrasté, et résolument ancré dans le réel. Ce septième album studio fait suite à Safety, son disque révélateur de 2025, et confirme une trajectoire ascendante déjà portée par le buzz de Stuck in LA.
Deux chansons, deux états d’âme : James Tonic se dévoile
Parmi les neuf titres du disque, deux morceaux résument à eux seuls l’ADN de ce nouvel opus : “The Fight” et “I Don’t Love You, I Guess?“. Deux faces d’une même pièce, oscillant entre énergie physique et résignation émotionnelle.
The Fight frappe d’abord par son immédiateté. Une batterie mise au premier plan donne le tempo, propulsant un groove contagieux qui laisse pourtant suffisamment d’espace à la voix pour respirer. James Tonic y déploie un chant étonnamment souple, parfois teinté d’une fragilité à la Michael Jackson, qui apporte une dimension presque pop à cette production pourtant nourrie de synthés old school et de textures organiques. C’est un single accrocheur, solaire sans être naïf, qui injecte une vraie dose d’entrain tout en conservant ce léger voile mélancolique typique de son univers.
À l’opposé, I Don’t Love You, I Guess? ralentit le cœur de l’album. Le morceau sonne comme une ballade folk de fin de film, celle qui accompagne les crédits pendant qu’on reste assis, encore pris dans l’histoire. Un piano légèrement jazzy ouvre l’espace, rejoint par une guitare douce et une mélodie fragile. Ici, pas de climax spectaculaire : juste l’acceptation calme d’une absence de sentiments, dite presque à mi-voix. James Tonic explore ce moment suspendu où l’on cesse de lutter contre ce qui n’est plus là. Un adieu sans colère, porté par une pudeur désarmante.
Une approche teintée de l’intime
Ces deux titres incarnent parfaitement la tension qui traverse Safety II. L’album marie récits sombres et beats lumineux, privilégiant une approche “live” avec batteries réelles, synthés analogiques et prises brutes, loin des productions ultra-polissées. Une recherche d’authenticité qui résonne visiblement auprès du public.
James Tonic avance sans tapage, mais avec une constance remarquable. Sa dream pop, nourrie d’émotions quotidiennes et d’arrangements rétro, capte quelque chose de très contemporain.
Avec The Fight, il nous invite à bouger. Avec I Don’t Love You, I Guess?, il nous demande d’écouter ce qui se passe quand tout ralentit. Entre les deux, Safety II trace le portrait d’un storyteller sensible qui n’a pas fini de nous émouvoir.














