Avec « False Alarm », Alex Siegel livre un morceau à la fois feutré et introspectif. Écrit dans son ancien studio face à l’océan à Los Angeles, puis achevé au cœur d’un hiver canadien à Montréal, le single porte en lui cette dualité géographique et sensible : la chaleur diffuse du souvenir et le silence cotonneux de la neige qui tombe.

L’art de la retenue

C’est à Montréal, dans une petite carriage house isolée du froid, qu’Alex Siegel retrouve Tyler Johnson, avec qui il n’avait pas travaillé depuis “Headspinet “Daydreaming Pilot“. Les retrouvailles sont naturelles, presque évidentes. Tandis que la neige s’accumule doucement à l’extérieur, « False Alarm » prend sa forme définitive : un morceau subtil, délicatement produit, où chaque détail semble pensé pour laisser respirer l’émotion plutôt que la surligner.

Musicalement, le titre avance avec retenue. La voix d’Alex Siegel, douce et légèrement voilée, agit comme un fil conducteur, fragile mais tenace. « False Alarm » évoque cette sensation étrange de perdre quelqu’un sans qu’il n’y ait de rupture nette. Une impression renforcée par l’artwork, issu d’une pellicule argentique retrouvée. L’image, presque fantomatique, évoque une présence qui s’efface, un lien qui se dissout sans fracas.

L’élégance de la mélancolie

Cette capacité à transformer des fragments de vie en chansons sensibles est au cœur du parcours d’Alex Siegel. Ancien professeur d’anglais, il s’est lancé dans la musique presque par hasard, ou par nécessité. Dès 2018, ses morceaux trouvent un écho dans la scène bedroom pop de YouTube et SoundCloud, cumulant rapidement des millions d’écoutes. Aujourd’hui, il totalise plus de 25 millions de streams et s’est imposé comme un artisan minutieux de la pop indépendante.

Sur scène, Alex Siegel a parcouru les États-Unis, tournant aussi bien en tête d’affiche qu’en ouverture pour Orions Belte. Il a partagé l’affiche avec des artistes comme Jim James, My Morning Jacket, Electric Guest ou Bombino et joué dans des lieux emblématiques comme le Walt Disney Concert Hall, le Fillmore ou Red Rocks. Son dernier album, “Courage“, a même connu une sortie physique au Japon, avec une mise en avant chez Tower Records Shibuya.

Avec « False Alarm », Alex Siegel ne cherche pas l’effet immédiat ni le refrain tapageur. Il préfère l’intime, le temps long, la sensation qui s’installe doucement et persiste après la dernière note. Un morceau discret mais marquant, à l’image d’un artiste qui continue de tracer sa route.