Avec “On My Travels“, Mikernan Arrell signe un retour à l’essentiel. Le songwriter avance seul, guitare en bandoulière, l’âme chargée de riffs, de folk celtique et d’ironie lucide. Nouvel EP autoproduit et publié via son label indépendant Splinter Collective, ce triptyque marque le point de départ d’un album à venir plus tard cette année. Trois chansons comme trois balises sur une route intérieure, entre engagement, dérision et énergie rock.
Un EP fait main, à cœur ouvert
Basé à Portland, Mikernan Arrell est de ces artistes multi-facettes qui refusent les compartiments : chanteur, compositeur, multi-instrumentiste, producteur et ingénieur du son, il joue ici tous les instruments, enregistre, mixe et masterise lui-même l’intégralité du projet. Une démarche artisanale qui donne à l’EP un grain particulier, imparfait, et sans filtre.
Dès le morceau-titre, “On My Travels“, Mikernan Arrell pose le décor. Une folk voyageuse, nourrie d’alt-country et de réminiscences celtiques, portée par une urgence presque punk. On y entend l’héritage des troubadours autant que l’énergie brute du rock indépendant. C’est une chanson de mouvement, au sens propre comme au figuré.
Avec “Plastic Bags“, Mikernan change de focale. Plus frontal, le titre aborde la crise environnementale sans tomber dans le sermon. C’est du folk-punk écolo, tendu mais mélodique, où l’engagement passe par l’élan plutôt que par la morale. La colère y est présente, mais toujours tempérée par une écriture maligne et une production volontairement rugueuse. Chez Mikernan Arrell, la conscience politique se glisse dans le groove.
Puis vient “The One and Only Micka“, morceau plus introspectif, presque auto-caricatural. Derrière le titre faussement léger, on perçoit une réflexion sur l’identité et la manière dont on se raconte à soi-même. C’est peut-être le morceau le plus ironique du lot, celui où l’artiste semble regarder son propre reflet avec une tendresse désabusée.
Mikernan Arrell raconte le monde à hauteur d’homme
Ce qui frappe sur On My Travels, c’est ce mélange volontairement instable : folk, influences celtiques, alternative country et rock se télescopent dans un « melting pot » à haute énergie, comme le décrit l’artiste lui-même. Une musique traversée par l’honnêteté, mais jamais dénuée d’humour.
Connu aussi pour ses projets plus abrasifs (notamment avec le trio hard rock Master Splinter), Mikernan Arrell montre ici un autre visage : celui d’un conteur moderne. Chaque chanson ressemble à une étape, chaque arrangement à un paysage traversé.
On My Travels n’est pas pensé pour les algorithmes ou les formats radio. C’est une création enregistrée à la main, portée par une vision claire : raconter le monde tel qu’il est, avec ses absurdités et ses petits moments de grâce.
Sur cette route-là, Mikernan Arrell ne cherche pas à plaire à tout prix. Il avance, il raconte, il joue. Et parfois, c’est exactement ce dont la musique a besoin.














