“To Love Is To Perform“, le nouvel album de Jada Di’Larosa se compose de 10 titres dans un décor fragile, presque suspendu, où l’intime se rejoue encore et encore.
l’amour comme mise en scène
À New Orleans, entre deux nuits passées à danser sur Bourbon Street, l’artiste écrit. Au petit matin, quand la ville ralentit sans jamais, elle consigne ses pensées brutes, désordonnées, parfois à peine esquissées. C’est précisément cette matière-là que l’on retrouve sur l’album : des morceaux qui ressemblent à des démos retrouvées dans un vieux coffre, poussiéreuses mais vibrantes, comme si leur imperfection faisait partie du propos.
Car ici, tout tourne autour de la performance. Pas seulement celle du corps, sur scène ou dans la nuit, mais celle, plus insidieuse, des sentiments. Aimer, chez Jada Di’Larosa, n’est jamais un geste simple : c’est un rôle à tenir, une posture à adopter, un équilibre instable entre sincérité et mise en scène. Même loin des projecteurs, même seule, quelque chose continue de jouer.
dans la moiteur envoûtante de la Nouvelle Orléans
Musicalement, l’album s’inscrit dans cette logique de retrait. Piano, cordes, silences, peu d’éléments, mais chacun chargé d’une belle intensité. La voix, elle, reste en apesanteur, jamais démonstrative toujours subtile. L’ensemble évoque autant une tradition jazz intimiste qu’une indie mélancolique, avec cette manière très contemporaine de laisser le vide raconter autant que les notes.
Mais To Love Is To Perform capte avant tout une ville, une atmosphère : celle de New Orleans, moite, trouble, traversée de fantômes. On y sent les néons, la fatigue, les corps en mouvement, puis le calme étrange des heures qui suivent.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence du geste. Chaque morceau semble répondre au précédent, comme autant de variations autour d’une même question : où s’arrête le personnage, où commence la personne ? Et si, au fond, il n’y avait jamais de séparation nette ?
Avec cet album, Jada Di’Larosa ne cherche ni à séduire ni à impressionner. Elle installe autre chose : une proximité presque dérangeante, où l’auditeur devient témoin d’un processus en cours. Rien n’est totalement résolu, rien n’est complètement joué.














