Le week-end est probablement la plus grande invention de la vie moderne. Deux jours durant lesquels chacun tente de retrouver ce que la semaine lui a confisqué. Sur son nouveau single « Weekend », DECO capture cette succincte libération et en fait un single pop lumineux.

Le vendredi des possibles

“Cette excitation pour le week-end, on l’a depuis l’enfance et elle ne disparaît jamais vraiment.”

Max Kendall chanteur de DECO

Deuxième extrait de Dreamhouse, leur prochain album attendu le 23 octobre, « Weekend » poursuit l’univers d’évasion et d’optimisme introduit par le morceau-titre. Plus direct, plus nerveux, plus porté par les guitares, le titre fonctionne comme une montée d’adrénaline collective.

À première vue, la chanson assume pleinement ce qu’annonce son titre : un hymne feel-good conçu pour accompagner les départs improvisés, les festivals d’été et les retrouvailles tardives. Mais derrière son apparente légèreté se cache ce que Nile Rodgers, proche du groupe, aime appeler un « sens caché profond ». Car « Weekend » parle aussi de notre rapport au temps, à la routine et à cette étrange habitude de vivre en attendant constamment le prochain moment de liberté.

La normalité, la vraie liberté ?

“Nous venions de vivre l’une des années les plus excitantes de notre vie, puis nous sommes soudainement revenus à la routine. Cette sensation de vivre pour le week-end était particulièrement forte à ce moment-là.”

Après le succès de leur premier album, classé dans les charts britanniques, et une série de tournées marquantes aux côtés de Nile Rodgers & Chic, les membres de DECO ont dû retrouver une forme de quotidien. C’est précisément ce retour à la normalité qui nourrit l’écriture du morceau.

Musicalement, « Weekend » marque également une évolution dans le son du groupe. Les synthétiseurs, toujours au cœur de l’identité de DECO, laissent davantage de place aux guitares, dans une formule qui évoque autant les premiers albums de Vaccines que les envolées pop psychédéliques de MGMT ou les atmosphères élégantes de Nation of Language.

Cette recherche d’évasion traverse d’ailleurs l’ensemble du projet Dreamhouse. Depuis ses débuts, DECO cultive une forme de pop optimiste qui refuse le cynisme ambiant. Ici, l’échappatoire n’est pas un déni du réel mais une manière de retrouver de l’espace dans un quotidien saturé d’obligations et de distractions permanentes.

“Que ce soit la liberté du week-end ou cette heure durant laquelle on oublie tout le reste, l’album parle toujours de la recherche de quelque chose de positif.”

Accompagné d’un nouvel univers visuel qui met en scène la transition entre la monotonie du travail et la promesse de la fête, « Weekend » confirme surtout la capacité de DECO à transformer des émotions ordinaires en grands moments de communion pop.

Si « Dreamhouse » ouvrait la porte vers cet univers, « Weekend » invite désormais à y entrer pleinement. Et à l’approche de l’été, difficile d’imaginer meilleur guide.