On a longtemps associé l’été à l’insouciance. MAIH préfère en raconter les failles. Avec « August », la chanteuse norvégienne signe une ballade alt-pop vaporeuse et mélancolique qui s’impose comme l’une des plus belles bandes-son possibles pour celles et ceux qui traversent la saison avec davantage de questions que de certitudes.

La saison des d'(a)outes

« August est la bande-son parfaite pour un sad girl summer.»

MAIH

Le morceau capture avec justesse cette peur commune : celle de laisser quelqu’un s’approcher suffisamment pour avoir le pouvoir de nous blesser.

Porté par des synthétiseurs brumeux, une production aérienne et une interprétation tout en retenue, « August » avance comme un souvenir que l’on refuse encore de regarder en face. Derrière son apparente douceur, le morceau raconte l’ambivalence de l’attachement : ce désir de proximité constamment freiné par la peur de perdre le contrôle.

Cette tension émotionnelle irrigue d’ailleurs l’ensemble du projet artistique de MAIH. Originaire de la côte ouest norvégienne, Martine Haaland construit depuis plusieurs années une œuvre profondément marquée par la mélancolie et la quête d’émancipation. Une écriture nourrie par une histoire personnelle où la musique a très tôt joué le rôle de refuge.

Un univers née des cicatrices

Fille d’un musicien, elle grandit dans un environnement où la création est omniprésente. Pourtant, c’est à travers l’écriture qu’elle trouve véritablement sa voix. À treize ans, un poème inspiré par le harcèlement scolaire qu’elle subit devient sa première chanson. La composition se transforme alors en outil de survie, puis progressivement en vocation.

Après plusieurs années passées à écumer les scènes de Bergen avec différents projets, elle intègre en 2021 le programme LIMPI, où elle travaille aux côtés de figures majeures de l’industrie comme Emily Warren ou le duo Stargate. Une étape décisive qui lui permet de poser les fondations de MAIH telle qu’on la connaît aujourd’hui : une artiste capable de conjuguer vulnérabilité et ambitions pop assumées.

Son premier EP, “For All of The Times I Broke My Own Heart“, paru en 2024, attire rapidement l’attention des plateformes et des radios nationales norvégiennes. En 2025, elle est nommée « Artist of the Year » aux Luttprisen et confirme son ascension avec un premier concert en tête d’affiche à Oslo devant une salle presque complète.

Pour tous ceux qui sont “trop”

« August » ouvre désormais un nouveau chapitre. Fruit d’une collaboration avec le producteur norvégien Brage André Abrahamsen, dont les productions cumulent plusieurs dizaines de millions d’écoutes, le titre affine encore davantage les contours de son univers. Un territoire où les synthés glitchés côtoient les batteries déformées, où les refrains pop surgissent au milieu d’atmosphères crépusculaires.

Car ce qui distingue MAIH aujourd’hui, c’est sa capacité à transformer la fragilité en force. Ses chansons parlent aux personnes qui se sentent trop sensibles, trop anxieuses ou trop cabossées pour trouver leur place. Elles offrent un espace où la vulnérabilité n’est plus une faiblesse mais un point de départ.

Avec « August », la Norvégienne ne cherche pas à fuir la tristesse. Elle lui donne une forme, une mélodie et un paysage. Celui d’une fin d’été où l’on comprend que grandir consiste parfois à accepter de baisser la garde.

Une chanson pour les trajets nocturnes, les pluies d’août et les cœurs qui hésitent encore à s’ouvrir.