Et si la musique pouvait nous emmener là où nos corps ne pourront peut-être jamais aller ? Avec Mission SuperHabitable, son nouvel album-concept de 24 titres, AstroVoyager transforme cette question en une véritable aventure musicale. Pensé comme une quête à la recherche d’une planète « superhabitable », le projet invite à quitter la Terre le temps d’une traversée sonore, entre synthétiseurs analogiques, envolées orchestrales, rock progressif et voix lyriques.
Une odyssée rétro-futuriste
Plus qu’un simple album, Mission SuperHabitable est conçu comme une expérience immersive. AstroVoyager y imagine un voyage spatial qui devient progressivement un voyage intérieur. Puisque le voyage interstellaire reste inaccessible à la majorité d’entre nous (pour l’instant…), il reste la musique pour franchir les frontières que la réalité impose. Écouter pour voyager dans sa tête, mais aussi pour regarder autrement le monde qui nous entoure.
Depuis ses débuts, AstroVoyager construit un univers qui doit autant à la musique électronique qu’au cinéma et à la science-fiction. Son écriture prend racine chez les pionniers de l’électronique comme Jean-Michel Jarre et Klaus Schulze, avant de s’étendre vers le rock progressif et les univers musicaux du jeu vidéo.
Cette approche donne naissance à une musique particulièrement évocatrice, où les synthétiseurs dialoguent avec des déferlantes de cordes, des chœurs, des guitares et des arrangements parfois grandioses. Clash Magazine résumait d’ailleurs cette esthétique en évoquant une rencontre entre minimal house et Jean-Michel Jarre.
Avec Mission SuperHabitable, AstroVoyager pousse cette logique encore plus loin. Les 24 morceaux forment un ensemble où les textures électroniques peuvent laisser place à des passages beaucoup plus dramatiques, avant de retrouver des mélodies plus douces et contemplatives. Le contraste est au cœur du projet.
Des voix pour donner vie au voyage
Pour cette nouvelle mission, AstroVoyager a considérablement élargi son équipage. Le compositeur et producteur français accueille notamment Alexandre Chassagnac, chanteur pop-opéra révélé par The Voice, dont la voix lyrique apporte une dimension particulièrement spectaculaire aux compositions.
Deux chanteuses pop rejoignent également l’aventure, aux côtés d’une violoniste électro-soliste, tandis qu’AstroVoyager poursuit sa collaboration avec le Prague Philharmonic Orchestra. Une constellation de talents qui permet au projet de naviguer entre plusieurs territoires musicaux.
Cette diversité est loin d’être accessoire. Elle constitue même l’un des fondements de l’identité d’AstroVoyager. L’artiste aime confronter les cultures, les instruments et les genres pour créer une musique difficile à enfermer dans une catégorie. Music Week parlait ainsi d’une véritable fusion de genres, d’instruments, de cultures et de sons.
Une musique pensée pour l’image
Il faut également considérer AstroVoyager moins comme un « artiste » au sens traditionnel que comme un compositeur qui construit des univers. Sa musique semble naturellement conçue pour raconter, accompagner et suggérer des images.
Cinéma, séries, publicité, jeux vidéo, habillage audiovisuel ou encore design sonore : les compositions du projet possèdent cette capacité à installer immédiatement un décor. Les synthétiseurs évoquent les immensités spatiales et les cordes apportent une dimension émotionnelle et dramatique.
Cette écriture cinématographique est truffée de références et de clins d’œil. On y retrouve notamment l’héritage des grandes bandes originales de science-fiction, avec une dimension qui peut rappeler Vangelis ou Eric Serra, mais aussi les grandes heures de l’électronique française.
Du Big Bang à Mission SuperHabitable
Cette ambition n’est pas nouvelle. Elle était déjà au cœur du précédent opus Big Bang, dont l’univers avait également été pensé pour le live. Sur scène, AstroVoyager réunissait alors pyrotechnie, scénographie, batterie, guitares électriques et synthétiseurs, transformant ses compositions en véritable spectacle.
Ce nouvel album s’inscrit ainsi dans une discographie encore relativement resserrée mais cohérente, après We Can Change Our Way (2020) et l’album Voyager 2.3 (2021). Le nouvel album, développé sur plusieurs années entre 2022 et 2026, apparaît comme le projet le plus ambitieux.

Voyager pour mieux regarder la Terre
Derrière son imaginaire spatial, Mission SuperHabitable porte finalement une réflexion beaucoup plus terrestre. Une planète « superhabitable » n’est pas seulement une destination fantasmée. Ici, elle devient le prétexte pour s’interroger sur la manière dont nous habitons notre propre monde.
L’album propose précisément cette échappée. Pas besoin de fusée pour traverser les galaxies : les synthétiseurs, les cordes et les voix deviennent ici les moteurs d’un voyage mental. Mais cette fuite vers l’ailleurs ne signifie pas nécessairement abandonner la Terre. Au contraire, le projet invite à revenir à notre planète avec un regard différent, à prendre conscience de sa fragilité et de la nécessité de la préserver.
Avec ses 24 titres, ses collaborations internationales et son mélange de pop, rock, électronique et musique symphonique, Mission SuperHabitable constitue ainsi une nouvelle étape dans l’odyssée d’AstroVoyager. Un album à écouter comme on regarderait un film.














