Dans les méandres de l’univers règne un calme assourdissant. Là où sommeillent scintillements et ténèbres impénétrables s’éveille aussi un sentiment d’effroi et de fascination irrésistible. S’engouffrant dans cette nébuleuse obscure, l’OVNI Fontiac percute le silence et nous embarque vers une galaxie lointaine. L’ex-membre du duo Carbon Airways décolle vers sa propre planète Oxurya, titre de son premier EP à l’électro incisive. Toutefois loin d’être hermétiques, les cinq titres du jeune musicien de 22 ans s’allient subtilement à une pop vaporeuse pour une alchimie explosive. Aux commandes de son vaisseau, Fontiac assure pleinement sa première traversée sous la voûte céleste de l’électro pop et nous embarque dans ses doutes et ses fantasmes.

Au cours de son épopée astrale, Fontiac nous plonge dans une atmosphère lugubre qu’il transperce à vif. Atterrissage prodigieux dans l’inconnu – ou presque – son projet solo déploie ses ailes sur les étincelles d’une nouvelle planète. Toutefois, le phénix ne se révèle pas dans un nid inexploré, puisqu’il renaît des cendres déchaînées et fougueuses de Carbon Airways. À l’instar de l’ancien duo, les textures électroniques de Fontiac détonnent toujours au bon moment et heurtent de plein fouet les colonnes vertébrales, d’où remontent une multitude de frissons. Comme des comètes, « If Without You » et « The Wall », qu’on apprécie particulièrement, scindent la noirceur du ciel d’une électro pop deux point zéro ultra lumineuse.

En pleine quête musicale, Fontiac distille l’électro et prend un malin plaisir à nous égarer, pour le meilleur, dans une contemplation cinématographique avec l’ouverture poignante « Osiris » ou le fabuleux instrumental « Enigma ». La tête dans les étoiles, ce voyageur aux milles ressources ne s’enferme pas dans une spirale sombre, mais fait d’Oxurya un satellite à la recherche de soi. Pendant que le paysage s’affole, Fontiac sillonne le champ des possibles et ausculte l’être en devenir.

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