À 17 ans, l’amour ressemble à un jeu dont personne ne nous a donné les règles. Avec « PIERRE, FEUILLE, CISEAUX », Opaline détourne ce rituel enfantin pour raconter les premiers sentiments qui dérapent, les disputes qui s’éternisent et les mots tendres qui surgissent au milieu des blessures. Un titre pop à l’ironie mordante, où la colère se mêle à la nostalgie et où grandir signifie aussi apprendre à se défaire de ce qui nous a abîmés.
Dancing queen, only 17…
Dès les premières secondes, les mots surgissent a cappella, comme arrachés aux pages d’un journal intime. Puis les synthés et les violons entrent en scène, se répondent et accompagnent ce récit sentimental en déséquilibre. Chez Opaline, la tendresse n’efface jamais complètement la rancœur. Derrière les piques et l’autodérision, les sentiments persistent, aussi contradictoires que difficiles à nommer. « J’ai connu aucun superman, juste toi qui m’fait super mal » : en quelques mots, l’artiste résume le décalage entre les promesses de l’amour et la réalité d’une relation qui laisse des traces.
Car « PIERRE, FEUILLE, CISEAUX » ne parle pas seulement des tourments adolescents. Le morceau fait ressurgir cet âge où l’on découvre l’amour sans savoir comment le vivre, où l’on confond parfois l’intensité des sentiments avec la violence des rapports de force. Une époque que l’on croit avoir laissée derrière soi, mais dont certaines blessures continuent de s’inviter dans le présent. Sous la question désarmée « tu deviens quoi ? », il reste alors le besoin de comprendre ce qui s’est passé.

À ce jeu, aucun gagnant
Ce titre s’inscrit dans une réflexion plus large portée par LEITMOTIV, un projet de six chansons dans lequel l’artiste bordelaise déroule le fil d’une reconstruction loin d’être linéaire. De la violence psychologique aux désillusions de l’âge adulte, Opaline explore ce que les relations laissent derrière elles. Son écriture frontale, souvent teintée d’autodérision, ne cherche pas à enjoliver les blessures. Elle les expose, avec leurs contradictions et leurs zones d’ombre.
Entre pop organique et textures électroniques, LEITMOTIV raconte ainsi les différentes tentatives de se reconstruire : comprendre, pardonner, partir ou simplement continuer à avancer. Mais raconter ses blessures comporte aussi un paradoxe. À force de revenir sur le passé, ne risque-t-on pas de lui donner encore davantage de place ?
Avec « PIERRE, FEUILLE, CISEAUX », Opaline ne prétend pas avoir trouvé toutes les réponses. Elle préfère regarder ses anciennes histoires en face, sans renoncer à l’ironie ni à la fragilité. Et si le jeu n’a jamais eu de règles simples, la seule option reste peut-être de déposer les armes et accepter.














