Ruby Waters n’a jamais vraiment cherché à entrer dans une case. Entre rock alternatif, dream pop, soul et R&B, la musicienne canadienne préfère passer d’un univers à l’autre au gré de ses envies, portée par une voix rauque et immédiatement reconnaissable. Avec « GET A GRIP », elle poursuit cette trajectoire libre, en laissant une nouvelle fois son instinct guider la musique.

Naissance d’une dark pop DIY

Le morceau arrive dans une période particulièrement prospère pour Ruby. Son précédent single, « WET T-SHIRT », a dépassé les 11 millions de streams sur Spotify et s’est imposé sur les radios alternatives canadiennes, jusqu’à atteindre la huitième place du classement Alternative Airplay de Billboard Canada. Un succès qui vient confirmer l’ampleur prise par son projet, désormais suivi par plus de 800 000 auditeurs.

Mais « GET A GRIP » ne dérogera sûrement pas à cette formule gagnante. Le titre s’inscrit plutôt dans différentes influences sans jamais perdre son authenticité. Rihanna et Nirvana figurent parmi les références majeures de l’artiste, deux univers a priori éloignés que la musicienne réunit pourtant dans une même approche : une musique capable d’être sensuelle, brute, vulnérable et drôle.

Des montagnes de Whistler…

« Le clip de GET A GRIP est un projet assez simple qui me représente dans mon quotidien. Adit est une légende qui arrive toujours à capturer la magie des moments. J’adore m’amuser au milieu de ses montagnes et traîner avec mes amis. Je suis tellement reconnaissante pour ça. »

Ruby Waters
©Lissyelle Laricchia

Cette liberté se retrouve pleinement dans le clip qui accompagne le single. Tourné à Whistler, en Colombie-Britannique, où Ruby Waters vit désormais au cœur des montagnes, il la suit à vélo à travers les bois avant de la retrouver dans un bar avec ses amis. Réalisée par Adit Dixit, la vidéo privilégie une esthétique spontanée et décontractée, loin des artifices d’une production trop maîtrisée. Ici, pas besoin de scénario compliqué : Ruby Waters fait simplement ce qu’elle aime, entourée de ceux qu’elle aime.

Une manière de rappeler que l’authenticité semble être le moteur même de son projet. Depuis ses débuts sur les marchés fermiers puis dans les rues de Toronto, la musicienne avance sans véritable mode d’emploi. Sa rencontre avec Dallas Green, qui l’a découverte lors d’un concert au Rivoli de Toronto avant de l’inviter en tournée, a constitué l’un des premiers grands tournants de son parcours.

Aux routes des festivals.

Depuis, Ruby Waters a partagé la route avec City and Colour et Shakey Graves, joué dans des festivals comme Osheaga et construit une communauté fidèle autour d’une musique qui assume aussi bien ses contradictions que ses imperfections. Son album What’s The Point, paru en 2024, lui a valu une deuxième nomination aux JUNO Awards dans la catégorie Alternative Album of the Year.

Au cœur de cette ascension, il y a surtout une volonté de créer un espace où chacun puisse se reconnaître sans avoir à prétendre être autre chose. « Je veux que ma musique soit une safe place », explique-t-elle.

Avec « GET A GRIP », Ruby Waters continue ainsi de construire un univers à son image : libre, imprévisible, parfois frontal, mais toujours profondément humain. Alors que son audience ne cesse de grandir, elle semble surtout déterminée à avancer sans perdre ce qui faisait son charme au départ : ne surtout pas se prendre trop au sérieux.