Avec Rude Mood, Hayden Birmingham rassemble pour la première fois l’ensemble de son univers instrumental sur un album qui porte fièrement les couleurs du blues, du hard rock et du metal. Originaire d’Australie, le guitariste construit une musique sans complexe, entièrement tournée vers la puissance du riff, l’énergie du solo et le plaisir presque théâtral de la guitare électrique.
Un album comme ode électrique au rock instrumental
Sorti le 18 septembre chez Dad Rock Records, Rude Mood réunit douze morceaux pour un peu plus de 35 minutes de musique. Le disque compile notamment plusieurs singles déjà dévoilés, parmi lesquels « Getcha Pull » et « A Day Late, And A Dollar Short », et offre ainsi une vision plus complète du projet de Hayden Birmingham.
Dès les premières secondes, le guitariste annonce la couleur : ici, pas de détour inutile. Son approche repose sur des riffs massifs et des solos particulièrement démonstratifs. Le blues-metal et le hard rock s’y rencontrent dans une interprétation virtuose, mais jamais totalement sérieuse. Car derrière la technicité, Hayden cultive également un goût assumé pour l’exagération, le swagger et une forme de satire qui donne à son projet une personnalité bien à lui.
Une guitare, douze morceaux et beaucoup de décibels
L’album s’ouvre avec « If I Didn’t Have Bad Luck, I’d Have No Luck At All », dont les premières mesures prennent des airs de western avant de laisser place à une succession de morceaux plus énergiques. « A Day Late, And A Dollar Short » et « Getcha Pull ».
Mais Rude Mood ne se contente pas de dérouler une formule de hard rock instrumental. Hayden Birmingham aime changer de décor au fil des morceaux. « Spilt Milk Under The Bridge » s’appuie sur un groove particulièrement accrocheur, tandis que « Chilli Bomb » associe lignes de basse et riffs musclés. Plus loin, « Miura & Manolete » introduit une couleur espagnole qui vient rompre avec l’esthétique plus classique du début de l’album.
Cette diversité se retrouve dans la seconde moitié du disque. « Act In Haste, Repent At Leisure » laisse une large place aux solos, « Angry Mama » adopte une approche plus bluesy tandis que « Barracudalou » repose sur une section rythmique particulièrement resserrée. Quant à « Lullabies For A Broken Fretboard », elle referme l’album dans une atmosphère plus calme, faisant écho aux premières respirations de l’opus.
Six cordes et une irrépressible envie de blues
L’un des intérêts de Rude Mood réside justement dans cette volonté de ne jamais cantonner la guitare à un simple rôle d’accompagnement. Chez Hayden Birmingham, elle devient le véritable personnage principal. Les morceaux sont construits autour d’elle, de ses possibilités techniques mais aussi de ses textures et de son potentiel mélodique. Ce projet assume ainsi pleinement l’héritage des grands guitar heroes du rock, tout en y ajoutant une touche personnelle et volontairement excessive.
Cette dimension est d’autant plus évidente que les crédits de l’album attribuent à Matthew Hayden Felsman la composition, la guitare et la production exécutive des douze morceaux.
Avec Rude Mood, Hayden Birmingham ne cherche donc pas à réinventer le rock instrumental : il préfère en célébrer les codes avec une énergie débordante et une bonne dose d’humour. Riffs lourds, grooves bluesy, envolées techniques et changements d’ambiance composent un disque qui sait être spectaculaire sans perdre son goût du jeu.














